Symptôme atmosphérique
Mark Moffet, copyright Minden Pictures, 100 photos pour la liberté de la presse, Reporter Sans Frontières et Minden Pictures, 2009.
L’an dernier, Reporter Sans Frontières (RSF) publiait le rapport Presse et Environnement « Journaliste environnementaliste, un combat périlleux »(1), qui recensait plus d’une quinzaine de journalistes ou de blogueurs arrêtés, disparus ou menacés dans le cadre de leurs enquêtes sur l’environnement.
Au début du mois, et à l’occasion, notamment, de la journée mondiale de l’Environnement (le 5 juin dernier), RSF a rendu public un nouveau rapport sur la presse environnementale : « Des enquêtes à haut risque : Déforestation et pollution »(1), faisant état d’une augmentation constante des pressions pesant sur les auteurs d’enquêtes environnementales à travers le monde. La déforestation et la pollution industrielle sont deux activités sur lesquelles il est aujourd’hui parfois périlleux de se pencher.
Encore un enjeu environnemental auquel on ne pense pas souvent. Pourtant si la protection de l’environnement nous concerne tous, alors chacun doit avoir accès à l’information, et celle-ci doit être collectée et relayée dans de bonnes conditions.
Si chacun doit avoir accès à l’information, tout le monde devrait également avoir accès à la connaissance. Oui mais…
La question n’est pas si simple. Si les enjeux environnementaux justifient parfois des arrestations, des menaces, des disparitions et des agressions (comme le journaliste indonésien Ahmadi, passé à tabac dans la province d’Aceh le mois dernier par un officier de l’armée lui reprochant la publication d’un article l’impliquant dans un trafic illégal de bois), il n’est pas évident qu’ils échappent aux lois des marchés.
En effet, un autre enjeu sinon peu visible – au « Nord » – , du moins peu exposé, de la protection de l’environnement, et notamment de la lutte contre le réchauffement climatique, réside dans l’accès aux technologies adéquates.
D’un côté les pays en voie de développement considèrent que l’enjeu impose un partage gratuit des technologies, et notamment les technologies d’adaptation aux impacts des changements climatiques (2). De l’autre côté, les pays développés estiment que le système actuel de brevets et de licences favorise la recherche en assurant une rémunération des investissements favorisant l’innovation.
C’est l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) qui traite actuellement de la problématique des transferts technologiques, et le G77 souhaiterait que l’OMC s’inspire dans ce domaine de l’accord autorisant, sous certaines conditions, la production de médicaments génériques pour des traitements dont les brevets ne sont pas encore devenus publics.
A lire à ce sujet l’article de Philippe Collet publié le 26 mai sur le site Actu-Environnement.
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(1) Les deux rapports de RSF :
Journaliste environnementaliste, un combat périlleux
Des enquêtes à haut risque : Déforestation et pollution
(2) Extrait du communiqué du G77 de septembre 2009
The Ministers expressed their concern over the increased frequency and scale of natural disasters in recent years which have resulted in massive loss of life and long term negative social, economic and environmental consequences for countries, particularly developing countries. They called upon the international community, particularly developed countries and the relevant international organizations to increase their assistance to the affected states, including by supporting efforts towards enhancing their national and regional capacities for implementation of plans and strategies for preparedness, rapid response, recovery and development on earthquakes, tsunamis, landslides, and volcanic eruptions, and extreme weather events such as heat waves, severe droughts and floods, sand and dust storms.




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